Le jour où je me suis vue mourir
J'avais juste envie de faire pipi.
Je me suis assise sur le siège des toilettes, et voilà que ça a recommencé : je ne peux plus respirer. J'ai beau essayer d'inspirer, c'est complètement bloqué.
L'air n'entre pas dans mes poumons.
Depuis qu'on m'a fait les bronchoscopies, il se passe des choses bizarres.
Juste après, ça allait mieux, je pouvais à nouveau respirer, et pendant un moment, j'ai même cru que j'en avais fini avec l'hôpital et tout ça...
Mais depuis quelque temps, quand j'inspire, ça bloque. Comme si quelque chose se coinçait et empêchait l'air d'entrer. Je dois forcer pour ça se décoince...
Sauf que là, ça ne marche pas. Je commence à paniquer : "Allez ! Essaie encore ! Inspire !" Autour de moi, tout s'obscurcit...
Et brusquement, une certitude : c'est maintenant. Tu vas mourir maintenant.
Et au moment même où je réalise que je suis en train de mourir, je ressens un grand calme et je suis envahie par un très fort sentiment qu'en fait, ça n'est pas grave.
Je perds conscience.
Ce n'était finalement pas le moment. Après, j'ai le souvenir d'être sur le brancard des pompiers ou du SAMU. Je ne sais pas comment je m'y suis retrouvée. Direction l'hôpital.
Un ou deux jours plus tard, j'ai remis ça et on m'a opérée en urgence. Le chirurgien était en weekend (c'était Pâques) ou en vacances et on a dû le faire revenir exprès.
J'ai pu dire à ma mère venue me voir en soins intensifs :"Tu sais, je n'ai même pas pleuré."
Tu parles ! J'étais dans les pommes, oui !
Toute la période qui a suivi a été trop compliquée à vivre pour que je revienne sur ce moment si particulier.
J'avais 10 ans et demi. C'est difficile d'avoir du recul à cet âge.
Mais depuis ce moment, je n'ai pas vraiment peur de mourir. Même si la situation était terrifiante (d'ailleurs, j'ai beaucoup de mal à voir quelqu'un manquer d'air, même dans un film), ce que j'ai pu entrevoir du passage de la vie à la mort ne l'était pas.
Mais depuis quelque temps, quand j'inspire, ça bloque. Comme si quelque chose se coinçait et empêchait l'air d'entrer. Je dois forcer pour ça se décoince...
Sauf que là, ça ne marche pas. Je commence à paniquer : "Allez ! Essaie encore ! Inspire !" Autour de moi, tout s'obscurcit...
Et brusquement, une certitude : c'est maintenant. Tu vas mourir maintenant.
Et au moment même où je réalise que je suis en train de mourir, je ressens un grand calme et je suis envahie par un très fort sentiment qu'en fait, ça n'est pas grave.
Je perds conscience.
Ce n'était finalement pas le moment. Après, j'ai le souvenir d'être sur le brancard des pompiers ou du SAMU. Je ne sais pas comment je m'y suis retrouvée. Direction l'hôpital.
Un ou deux jours plus tard, j'ai remis ça et on m'a opérée en urgence. Le chirurgien était en weekend (c'était Pâques) ou en vacances et on a dû le faire revenir exprès.
J'ai pu dire à ma mère venue me voir en soins intensifs :"Tu sais, je n'ai même pas pleuré."
Tu parles ! J'étais dans les pommes, oui !
Toute la période qui a suivi a été trop compliquée à vivre pour que je revienne sur ce moment si particulier.
J'avais 10 ans et demi. C'est difficile d'avoir du recul à cet âge.
Mais depuis ce moment, je n'ai pas vraiment peur de mourir. Même si la situation était terrifiante (d'ailleurs, j'ai beaucoup de mal à voir quelqu'un manquer d'air, même dans un film), ce que j'ai pu entrevoir du passage de la vie à la mort ne l'était pas.

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