Un joyeux non-anniversaire, ma chère !

Un peu plus d'un an que ce blog est en sommeil. Il y a eu des idées, des ébauches et même des brouillons, mais rien ne s'est concrétisé. Il faut dire qu'avec la pandémie, l'année qui s'est écoulé a été si bizarre... J'étais bien occupée à essayer de trouver un chemin le plus serein possible à travers tout ça.

Le 11 avril est une date particulière : celle de l'anniversaire du "premier jour du reste de ma vie", comme on dit, le lundi 11 avril 1977.

Ce jour-là, j'ai ouvert les yeux en réanimation, après avoir cru ne me réveiller jamais pour la seconde fois : inconsciente après une nouvelle asphyxie, j'avais été opérée en urgence et on avait retiré la tumeur qui était en train de me tuer.

Pneumonectomie : de pneumôn, poumon et -ektomê, ablation.
La tumeur était situé sur la bronche souche droite, le poumon tout entier est parti avec. 

La première pensée que j'ai eue en m'éveillant, c'est : "Je peux respirer !"

Il faut dire que les semaines précédentes, j'avais lutté pas à pas avec la tumeur, juste pour permettre à l'air d'entrer dans mes poumons. J'avais vraiment failli perdre deux fois. Et là, ça circulait. Le soulagement l'a d'abord emporté sur la douleur.

Ensuite, je me suis rendue compte que j'avais mal, vraiment très, très mal. Un peu plus tard, j'ai su que l'opération avait nécessité que l'on écarte mes côtes. Impossible de bouger le bras. C'est pourtant ce qu'est venu faire le kiné, alors que j'étais encore en réanimation, pour que je ne perde pas de mobilité. 

De l'air et de la douleur. C'était le début de ma nouvelle vie. 
Une vie avec un seul poumon, qui est devenue vraiment chouette à la fin des traitements, un peu plus d'un an plus tard et je n'ai plus trop pensé au 11 avril. J'étais trop occupée à tracer ma route.

Une trentaine d'années plus tard, dans le groupe de one-lungers que j'ai rejoint sur Facebook, quelqu'un mentionne un jour l'anniversaire de son opération et un autre lui souhaite un "Happy Lungaversary !" C'est devenu une tradition du groupe et je m'y reconnais pleinement.

Depuis, chaque 11 avril est un jour spécial chargé d'émotion.
Il y a 44 ans, le Dr Lemoine, revenu spécialement pour moi de son weekend pascal, ne m'a pas retiré un poumon. Avec le Dr Flamant, qui s'est occupée de la suite,  ils m'ont offert 44 années de vie supplémentaires. J'ai pour eux une infinie reconnaissance.

Mention spéciale à mon poumon gauche qui assure pour deux sans faiblir depuis tout ce temps. 

JOYEUX POUMONIVERSAIRE À MOI !

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